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Enseignant Diana Lucia Nazîru

Lycée Technologique « Gh. K. Constantinescu », Brăila

Motivation pour l’enseignement-apprentissage du FLE

Dans le domaine de l’enseignement-apprentissage des langues étrangères, la motivation est essentielle pour réaliser des tâches et satisfaire le but final de transmettre la langue étrangère. La motivation dans le sens de provoquer le désir d’apprendre est essentielle dans l’enseignement du FLE. Cette provocation du désir demande quelque chose de nouveau, de différent, quelque chose qui anime l’apprenant. L’une des sources de motivation dans les cours de français se trouve dans le contenu des méthodes utilisées en classe. Alors comment adopter une méthode de FLE qui provoque un désir d’apprendre en motivant les apprenants?

 Comment créer la motivation des apprenants?

La culture de la France peut provoquer la curiosité et le désir d’apprendre, cette culture différente peut être le moteur du désir et le moteur de la réussite scolaire en classe de FLE.

Aujourd’hui la technologie et l’imprimerie jouent un rôle très important dans la motivation: photos, couleurs, dessins – tout peut encourager et pousser les apprenants à «aimer» ce qu’ils apprennent. Les technologies d’enseignement se multiplient aussi: Internet, vidéo, travail en atelier, etc. La nature des connaissances présentées, accompagnée d’une bonne apparence des manuels peut motiver profondément les élèves. La présence dans ces manuels de la culture française pousse l’élève à penser les différences et les ressemblences culturelles avec sa propre culture. La motivation est synonyme à la curiosité. Alors, si on présente aux apprenants des manuels qui n’éveillent pas une curiosité d’apprendre et de découverte pour une autre culture et qui n’offrent pas une ouverture au monde, la motivation dans ce cas-là reste loin d’être efficace. Aussi, si dans les manuels de FLE on ne représente que la culture locale de l’élève en langue étrangère, la curiosité ne dépasse pas les frontières linguistiques vers l’interculturel et vers une vraie ouverture et découverte de l’autre, sa culture, son mode de vie et ses habitudes.

Le rôle de la culture ne doit jamais être exclu de l’enseignement des langues étrangères, parce qu’apprendre une langue sans une motivation culturelle intégrée dans les manuels de FLE rend les deux langues similaires, car toutes les langues vivantes ont un système de lexique et de grammaire, mais une culture plus ou moins distincte, qui donne à chaque langue un goût spécial.

 Place de la culture et de la civilisation dans l’enseignement du français

L’enseignement de la culture et de la civilisation est conçu comme une action d’éveil dans l’enseignement de la langue française, un ensemble de stratégies didactiques par lesquelles les élèves s’approprient la langue comme outil d’expression et de communication. La culture n’est plus tant un problème de méthodologie linguistique que d’exploitation systématique des activités, provoquées, par un choix adéquat des thèmes du travail.

Enseigner la civilisation suppose étudier les réalités du monde actuel. Traian Nica (1995: pp.114-115) considère qu’il ne s’agit pas d’étudier le monde moderne en soi, mais d’étudier les rapports qui peuvent lier une société traditionnelle encore vivace à une société moderne dont les manifestations se font chaque jour plus impérieuses. L’étude de la civilisation porte moins sur les aspects caractéristiques de l’une ou de l’autre de ces deux sociétés que sur les relations de l’une à l’autre.

Enseigner la civilisation signifie, donc, à rapprocher deux systèmes culturels différents, pour les comparer, les apprécier et étudier leurs influences réciproques.

L’enseignement de la civilisation se trouve dans une relation didactique avec l’apprentissage linguistique. Le professeur de français doit être conscient du rapport qui s’établit entre l’étude de la langue et l’étude de la civilisation. Mieux vaut considérer la langue et la civilisation comme deux aspects différents d’une réalité unique.

            La civilisation française doit être un soutien  pour la langue. Outil pédagogique destiné à enseigner la langue, la civilisation devient peu à peu une motivation pour le locuteur, en restant une source d’enrichissement linguistique. Certains professeurs préfèrent d’enseigner la civilisation, d’autres se réfugient derrière la barrière linguistique pour refuser de faire la civilisation. Mais il est clair qu’on ne peut connaître parfaitement une langue sans connaître la société qu’elle exprime. On ne saurait étudier avec profit une société sans savoir sa langue.[1]

            Le rôle de l’enseignant est donc de favoriser une vision interculturelle dans le sens d’interaction et d’échange culturels. Il devra aussi prendre en considération la différence qui pourrait exister entre les deux systèmes culturels et la sous/sur-évaluation de la culture française. Selon l’opinion de Boubakour Samira[2], le professeur a le rôle de médiateur interculturel, unissant les deux langues-cultures et formant de la sorte l’interculturalité chez l’apprenant, qui acceptera la différence dans l’égalité, l’altérité en tant qu’enrichissement et connaissance de soi et la solidarité et le dialogue comme fondements humanitaires. L’apprenant s’habitue à passer d’un univers à l’autre, à regarder avec une optique différente, à provoquer des isomorphismes cognitifs et émotifs, pour comprendre comment pensent et sentent les autres, pour venir ensuite dans sa propre culture, en ayant mieux conscience de la réalité de ses propres racines culturelles. Ainsi, les individus vont s’accepter mutuellement, dans leurs identités, en tant que sujets différents et en surpassant les stéréotypes et les préjugés.

Le résultat de l’apprentissage d’une langue étrangère doit viser pas seulement la formation des compétences linguistiques, mais aussi la formation de la compétence interculturelle. L’interculturalité est un terme qui désigne une situation de communication dans laquelle les participants mobilisent toutes leurs capacités pour interagir les uns avec les autres.

Contenus de l’enseignement de la culture et de la civilisation françaises

            Dans la planification des contenus d’enseignement on devra prendre en compte, dans une perspective interculturelle, un ensemble d’éléments, dont nous citerons, pour la culture française :

a. tout ce qui forme les représentations de la  francité:

  • les emblèmes : Marianne, le coq gaulois, le bonnet phrygien etc.
    • les personnages célèbres : Henri IV, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle etc.
    • les grands événements : La Guerre de cent ans, La prise de la Bastille, La bataille de la Marne etc.
    • les grandes dates de l’histoire;
    • les lieux de mémoire : Alésia, Poitiers, Saint Germain des Près, la Côte d’Azur;
    • les mots et les phrases célèbres (ex.  Paris vaut bien une messe );
    • les grandes oeuvres et les grands auteurs.

b. les traits de l’identité collective emblématisés:

  • expressions, devises ou slogans (ex.  Travail, Famille, Patrie);
    • les mots à charge culturelle partagée (hexagone, foulard) ;
    • les personnages mythiques, de Jeanne d’Arc à Brigitte Bardot;
    • les monuments (Châteaux de la Loire, Centre Pompidou);
    • les biens de consommation : la baguette, les fromages etc.
    • les produits culturels populaires (Bécassine, Astérix, des chansons comme Douce France , etc.)[3]

Le professeur peut faire appel aux techniques des autres disciplines pour étudier des documents. Les historiens, les démographes, les sociologues peuvent lui fournir des documents de travail. Il doit les examiner avant d’opérer la synthèse qui rend l’image de l’homme étranger en société. Parmi les sciences auxquelles on fait le plus souvent appel, on peut citer : l’histoire, l’économie, la sociologie, la linguistique, la démographie, la littérature, la géographie, l’art etc.

            L’histoire est la source principale qui est utilisée. L’enseignement du français doit rendre le passé intelligible à la lumière du présent, de même que le présent ne peut être pleinement compris qu’à la lumière du passé. On peut parler d’une continuité dans l’évolution. L’objectif de l’enseignant doit être non pas de dire l’histoire du passé, mais de discuter sa signification et d’en tirer une compréhension plus profonde du présent. Il faut placer les faits de civilisation en perspective pour mieux les mettre en valeur. Il faut insister sur ce qui au cours du temps a constitué et a façonné le peuple français, sur tout ce qui distingue cette nation des autres.

            On utilise dans l’enseignement du français des données économiques, sans faire de l’économie au vrai sens du terme. À partir des données économiques, on peut mieux saisir l’évolution d’un groupe humain dans son ensemble, mais aussi la nature d’une cellule de base comme la famille. Elle permet aussi l’interprétation d’une période, d’un événement, d’un comportement, d’un état d’esprit, de l’ensemble social.

            La culture inclut et suppose, par définition, que la société et son étude passent nécessairement par une sociologie. Elle représente la science des lois et des phénomènes sociaux. La civilisation en langue étrangère est un champ pluridisciplinaire, largement ouvert au travail de tous, d’information permanente pour les chercheurs, sociologues et linguistes.

            La géographie physique permet une étude de l’environnement et aussi une interprétation de la société.

            La littérature et l’art sont aussi des sources inépuisables de documents illustratifs que l’on peut remplacer dans leur contexte social.

L’enjeu didactique de la communication interculturelle dans l’enseignement- apprentissage du FLE consiste dans l’acquisition des structures spécifiques à la langue et des informations sur les valeurs, les coutumes et les traditions nationales et étrangères. L’enseignement-apprentissage des langues étrangères constitue un repère pour la connaissance de soi-même et la formation de l’identité culturelle.

L’apprentissage des langues étrangères comme élément essentiel de l’éducation pour un changement culturel est devenu une vision dans laquelle le futur ne doit pas être seulement attendu, mais centré sur des objectifs orientés vers la formation des capacités d’ouverture, de collaboration et communication interculturelle.

Bibliographie

Boubakour, Samira (2010). L’enseignement des langues-cultures : dimensions et perspectives. Synergies Algérie, nº 9.

Cosǎceanu, Anca (2003). Didactique du français langue étrangére. Bucureşti: Editura Cavallioti.

Lázár, Ildikó (2007). Développer et évaluer la compétence en communication interculturelle. Un guide à l’usage des enseignants de langues et des formateurs d’enseignants. Strasbourg/Graz: Centre européen pour les langues vivantes.

Nica, Traian, Ilie, Cătălin (1995). Tradition et modernité dans la didactique du français langue étrangère.  Craiova: Editura Celina.


[1] Nica Traian, Ilie Cătălin, Tradition et modernité dans la didactique du français langue étrangère, Ed. Celina, Craiova, 1995, p. 121.

[2] Boubakour Samira, L’enseignement des langues-cultures: dimensions et perspectives, Synergies Algérie, nº9, 2010, p.23.

[3] Cosăceanu Anca, Didactique du français langue étrangère, Ed. Cavallioti, Bucureşti, 2003, pp. 18-19.

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